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Moi je dis ça je dis rien

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23 août 2026

La petite garce dans la prairie de Alison Angrim

Il y a des personnages que l’on adore détester. Nellie Oleson est incontestablement de ceux-là.

Avec ses boucles blondes impeccables, ses robes bien sages et son petit air supérieur, elle a passé des années à martyriser Laura Ingalls sous les yeux indignés de plusieurs générations de téléspectateurs. Et pourtant, derrière cette petite peste devenue mythique se cachait Alison Arngrim, une comédienne qui, des décennies plus tard, a décidé de nous raconter ce qu’il y avait derrière les décors de La Petite Maison dans la prairie.

Et franchement, quelle bonne idée !

Dans La Petite Garce dans la prairie, Alison Arngrim ne nous sert pas une autobiographie bien propre, bien repassée et gentiment consensuelle. Elle ouvre les placards, soulève les tapis et nous raconte sa vie avec une liberté de ton assez réjouissante. Elle parle de son enfance, de sa famille, de son arrivée dans le monde du spectacle, de son immense succès avec Nellie Oleson, mais aussi de blessures beaucoup plus intimes et douloureuses.

Et c'est probablement ce qui m'a le plus séduite dans ce livre : Alison Arngrim écrit sans filtre, mais jamais sans élégance.

Elle peut être mordante, franchement drôle, parfois crue, mais elle ne donne jamais l'impression de chercher le scandale pour le scandale. Elle raconte. Elle assume. Elle balance parfois quelques petites piques — et après tout, quand on a incarné Nellie Oleson, on aurait presque été déçus du contraire ! — mais derrière l'humour, il y a surtout une femme qui a énormément de recul sur son parcours.

C'est évidemment la partie qui fera fondre les fans de La Petite Maison dans la prairie.

Car l'un des grands plaisirs de ce livre consiste à découvrir que la guerre permanente entre Nellie Oleson et Laura Ingalls n'avait absolument rien à voir avec la relation entre leurs interprètes.

Alison Arngrim et Melissa Gilbert, qui incarnait Laura, étaient au contraire très proches. Leur amitié s'est construite alors qu'elles n'étaient encore que des enfants et a survécu bien au-delà de la série. Elles sont même devenues, selon Alison, comme des sœurs.

Voilà qui est assez savoureux quand on repense aux innombrables disputes entre Laura et Nellie !

À l'écran, elles se détestent. Dans les coulisses, elles deviennent copines.

Comme quoi, Hollywood sait parfois écrire de meilleurs scénarios dans la vraie vie que dans les séries…

Et là, les choses deviennent nettement plus croustillantes.

Si Alison et Melissa Gilbert étaient très proches, ses relations avec Melissa Sue Anderson, l'interprète de la parfaite et angélique Mary Ingalls, étaient autrement plus compliquées.

Alison raconte dans ses mémoires une véritable mésentente entre les deux jeunes filles. Elle évoque notamment la distance de Melissa Sue Anderson et les difficultés qu'elle rencontrait pour nouer une relation avec elle. Cette impression de froideur n'était d'ailleurs pas uniquement ressentie par Alison : Melissa Gilbert a elle aussi évoqué, dans ses propres mémoires, la difficulté de cette relation.

Il faut évidemment garder en tête que nous découvrons cette histoire à travers le regard d'Alison Arngrim. Ce sont ses souvenirs, son ressenti, sa version des événements. Mais c'est précisément ce qui rend le livre passionnant : on quitte la jolie carte postale de Walnut Grove pour entrer dans les coulisses d'un tournage où les enfants acteurs avaient leurs propres personnalités, leurs affinités, leurs rivalités et leurs petites histoires.

Et certaines anecdotes sont franchement savoureuses.

Le plus amusant reste sans doute ce décalage entre les personnages et les comédiennes : la petite Nellie, insupportable à l'écran, pouvait parfaitement être adorable dans la vie, tandis que la douce Mary n'était pas nécessairement celle avec laquelle Alison avait le plus envie de passer son après-midi !

Ce qui donne surtout sa profondeur au livre, c'est qu'Alison Arngrim ne se contente pas de nous raconter les souvenirs amusants du tournage.

Son enfance a été marquée par des expériences extrêmement douloureuses, notamment des violences sexuelles. Elle raconte ces événements avec une franchise qui peut parfois être difficile à lire, mais qui donne aussi un tout autre éclairage à son parcours. Le rôle de Nellie, paradoxalement, a pu constituer pour elle un espace de liberté et une manière de prendre une forme de revanche sur ce qu'elle avait vécu.

Et puis il y a la perte de Steve Tracy, son ami proche et partenaire dans la série, qui interprétait Percival Dalton, le mari de Nellie. Steve Tracy est mort du sida en 1986, à seulement 34 ans. Cette disparition a profondément marqué Alison et participe à expliquer son engagement ultérieur dans la lutte contre le sida.

Car derrière l'image de la petite peste blonde se trouve une femme qui a choisi de transformer ses blessures en combat.

C'est sans doute l'un des aspects les moins connus d'Alison Arngrim et pourtant l'un des plus admirables.

Elle s'est engagée très tôt dans la lutte contre le sida, notamment après la disparition de Steve Tracy, à une époque où la maladie était encore entourée de peur, de tabous et de terribles préjugés.

Elle a également consacré une grande partie de son énergie à la défense des enfants victimes de maltraitance. Elle s'est notamment engagée auprès de l'association PROTECT et a participé à des actions visant à renforcer la protection des enfants aux États-Unis.

Et c'est là que le titre du livre prend finalement une dimension assez ironique.

La "garce" de la prairie n'est pas seulement devenue une adulte éloignée du personnage de Nellie : elle a aussi choisi de mettre sa notoriété au service de causes qui lui tenaient profondément à cœur.

Si vous êtes fan de La Petite Maison dans la prairie, vous risquez de dévorer ce livre.

Parce qu'il y a les anecdotes de tournage, les souvenirs de Michael Landon, les coulisses, les relations entre les jeunes acteurs, les retrouvailles, les petites rivalités… bref, tout ce que l'on rêve de savoir lorsqu'une série a bercé une partie de notre enfance.

Mais réduire La Petite Garce dans la prairie à un simple livre de souvenirs de série serait vraiment dommage.

C'est aussi le récit d'une femme qui revient sur une enfance compliquée, sur les blessures qu'elle a dû surmonter, sur les personnes qui ont compté dans sa vie et sur la manière dont elle a réussi à transformer certaines épreuves en force.

Et surtout, Alison Arngrim a une voix.

Une vraie.

Elle écrit avec humour, avec insolence parfois, avec émotion souvent, mais surtout avec une sincérité qui fait mouche. Elle ne cherche pas à se donner le beau rôle. Elle raconte ses souvenirs avec leurs zones de lumière et leurs zones beaucoup plus sombres.

Et finalement, c'est peut-être ça qui rend cette lecture si attachante.

On commence le livre pour retrouver Nellie Oleson.

On le referme avec l'impression d'avoir rencontré Alison Arngrim.

Et ce n'est pas tout à fait la même personne.

Alors, pour une "garce de la prairie", Alison est finalement bien loin d'en être une… Enfin, moi je dis ça, je dis rien !

 

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30 juin 2026

Toy story 5

Trente et un ans après la sortie du tout premier Toy Story, Pixar remet Woody, Buzz et toute la bande sous les projecteurs avec un cinquième volet aussi nostalgique que contemporain. Toy Story 5 n’est pas seulement une nouvelle aventure destinée aux enfants : le film tente surtout de parler à une génération qui a grandi avec ces personnages.

Cette fois, les jouets ne doivent plus seulement lutter contre l’oubli ou le temps qui passe. Leur véritable adversaire porte un nom bien plus moderne : la technologie.

Après la conclusion très émotive de Toy Story 4, beaucoup pensaient que la saga était terminée. Woody avait quitté ses amis pour suivre Bo Peep, laissant derrière lui une fin presque parfaite. Pourtant, Pixar a choisi de revenir avec un nouveau chapitre centré sur une question simple : les enfants jouent-ils encore avec des jouets ?

Le scénario met en scène Bonnie et jessie, désormais fascinée par une tablette interactive nommée « Lilypad ». Les jouets comprennent alors qu’ils ne sont plus au centre de l’attention comme autrefois. Le film oppose donc deux mondes : l’imaginaire traditionnel des jouets et l’univers numérique qui capte désormais l’enfance moderne.

Ce qui frappe dans Toy Story 5, c’est son ton plus mature. Derrière l’humour et les scènes d’action, le film parle surtout du vieillissement, de la peur de devenir inutile et de la difficulté à trouver sa place dans un monde qui change.

Woody apparaît plus fatigué, bedonnant et avec une calvitie ,presque nostalgique de l’époque où un simple cowboy en plastique suffisait à rendre un enfant heureux. Buzz, lui, tente toujours de rester héroïque, mais le film montre que même les personnages les plus iconiques peuvent être dépassés par leur époque.

Pixar semble vouloir parler autant aux parents qu’aux enfants. Ceux qui ont découvert Toy Story dans les années 1990 voient aujourd’hui leurs propres enfants grandir entourés d’écrans, de tablettes et d’intelligence artificielle. Cette mise en parallèle donne au film une portée émotionnelle inattendue.

À travers Bonnie, le film aborde également un sujet très actuel : la difficulté de créer de vraies relations lorsqu’on est timide ou différent. La petite fille cherche désespérément à être acceptée par les autres enfants, au point de parfois vouloir cacher sa véritable personnalité pour essayer de “rentrer dans le moule”. Cette quête d’amitié devient encore plus compliquée dans une époque dominée par Internet et les réseaux sociaux, où beaucoup de jeunes ressentent une pression constante pour correspondre à une image parfaite. Le cyberharcèlement, les moqueries en ligne et la peur du rejet peuvent pousser certains à se renfermer davantage ou à construire des relations superficielles simplement pour ne pas être seuls. Pourtant, le film semble transmettre un message important : les amitiés les plus sincères naissent rarement lorsque l’on joue un rôle. C’est souvent en assumant sa sensibilité, sa différence et ce qui nous rend uniques que l’on finit par rencontrer les bonnes personnes, celles qui nous acceptent réellement pour ce que nous sommes.

Visuellement, le film impressionne énormément. Pixar continue de repousser les limites de l’animation numérique avec des textures plus réalistes, des éclairages très travaillés et des expressions faciales particulièrement détaillées. Certains critiques parlent même du film comme de l’un des plus beaux projets du studio.

Mais cette perfection technique sert aussi le propos du film : plus le monde devient moderne et numérique, plus les vieux jouets semblent fragiles et humains.

C’est probablement la grande question autour de ce cinquième opus. Beaucoup de spectateurs considéraient déjà Toy Story 3 comme la véritable fin de la saga, tandis que Toy Story 4 ressemblait à un épilogue. Alors pourquoi un cinquième film ?

La réponse se trouve peut-être dans son thème principal. Pixar ne cherche plus seulement à raconter une aventure de jouets. Le studio veut parler de notre époque : celle où l’enfance change profondément à cause des écrans et des nouvelles technologies.

Même si certains critiques trouvent l’intrigue moins forte émotionnellement que les précédents films, Toy Story 5 réussit malgré tout à relancer la franchise avec une réflexion moderne et parfois touchante sur l’évolution de notre rapport au jeu, à l’imagination et aux souvenirs.

Toy Story 5 ne retrouvera sans doute jamais l’impact du premier film, qui avait révolutionné l’animation en 1995. Pourtant, cette suite possède une vraie sincérité. Elle rappelle que les jouets ne disparaissent jamais vraiment : ils deviennent simplement les gardiens silencieux de notre enfance.

Et c’est peut-être pour cela que cette saga continue de nous toucher et est une veritable madeleine de proust à chaque opus enfin moi je dis ça je dis rien....

 

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27 juin 2026

The romantic tour de Bruno Mars

Jeudi dernier ainsi que tout le week end , le Stade de France s’est transformé en immense piste de danse à ciel ouvert. Sous les lumières rouges et dorées de The Romantic Tour, Bruno Mars a offert un concert spectaculaire, mêlant émotion, groove et énergie rétro devant des dizaines de milliers de fans venus vivre un moment unique. Il a egalement mouillé la chemise au vu de la chaleur caniculaire qui s installait en France .

Dès les premières minutes, l’ambiance était électrique. Le public chantait déjà avant même l’arrivée de la star américaine sur scène. Puis les écrans se sont illuminés, les cuivres ont retenti, et Bruno Mars est apparu dans un tonnerre d’applaudissements. Charismatique, élégant et incroyablement à l’aise, il a immédiatement pris le contrôle du Stade de France.

Cette tournée mondiale, baptisée The Romantic Tour, marque le grand retour de Bruno Mars sur scène après plusieurs années sans véritable tournée internationale. Le chanteur y défend son nouvel album The Romantic, tout en revisitant les plus grands succès de sa carrière.

Pendant plus de deux heures, le public a vibré au rythme de titres incontournables comme Treasure, 24K Magic, That’s What I Like ou encore Uptown Funk. Chaque chanson déclenchait une explosion d’énergie dans les tribunes. Impossible de rester immobile : tout le stade dansait, chantait et applaudissait à l’unisson.

Mais au-delà du show spectaculaire, c’est surtout la présence scénique de Bruno Mars qui impressionne. Entouré de musiciens et danseurs parfaitement synchronisés, il enchaîne chorégraphies, solos et moments plus intimes avec une facilité déconcertante. Le concert alterne parfaitement entre passages festifs et séquences plus romantiques, fidèles à l’univers de cette nouvelle tournée.

L’un des moments les plus forts de la soirée restera sans doute lorsque tout le Stade de France a repris les refrains en chœur, créant une atmosphère presque irréelle. Les lumières des téléphones illuminaient les gradins pendant les ballades, tandis que les beats funk faisaient trembler le sol quelques minutes plus tard.

Le concert du jeudi 18 juin était d’ailleurs une date supplémentaire ajoutée face à l’énorme demande des fans français. Une preuve de l’immense popularité de Bruno Mars, capable de remplir plusieurs fois le Stade de France en seulement quelques heures.

Avec The Romantic Tour, Bruno Mars confirme une nouvelle fois qu’il est l’un des plus grands performers de sa génération. Plus qu’un simple concert, cette soirée ressemblait à une véritable célébration de la musique, de la danse et du partage.

Jeudi dernier, au Stade de France, Bruno Mars n’a pas seulement chanté : il a créé un souvenir que les fans ne sont pas près d’oublier et nous a transporté sur sa planète enfin moi je dis ça je dis rien ....

 

22 juin 2026

la comedie musicale le roi lion au théâtre mogador

Il y a des spectacles qui marquent dès les premières secondes. Le Roi Lion au Théâtre Mogador fait clairement partie de ceux-là. Dès l’ouverture avec le célèbre « Cercle de la Vie », on comprend immédiatement que l’on va vivre bien plus qu’une simple comédie musicale : c’est un véritable voyage au cœur de la savane africaine.

Adapté du célèbre film d’animation Disney sorti en 1994, le spectacle reprend l’histoire de Simba, jeune lion destiné à devenir roi, confronté à la perte, au doute et à son destin. Mais sur scène, l’univers du Roi Lion prend une dimension encore plus impressionnante grâce aux costumes, aux marionnettes et aux décors inspirés des cultures africaines.

Ce qui m’a le plus frappée, c’est la créativité de la mise en scène. Les animaux prennent vie sous nos yeux grâce à un mélange fascinant de théâtre, de danse et de manipulation de marionnettes. On oublie très vite qu’il s’agit d’acteurs tant tout paraît vivant et naturel. Les girafes avancent avec élégance dans les allées, les oiseaux survolent la scène et les troupeaux envahissent Mogador dans une ambiance incroyable.

Visuellement, le spectacle est magnifique. Les lumières, les couleurs et les costumes créent des tableaux presque irréels. Chaque scène semble pensée comme une œuvre d’art. Même plusieurs jours après la représentation, certaines images restent gravées dans ma mémoire.

Mais au-delà du côté spectaculaire, Le Roi Lion réussit surtout à transmettre énormément d’émotions. L’histoire de Simba parle autant aux enfants qu’aux adultes avec des thèmes universels comme la famille, le courage, le deuil ou encore la place que chacun doit trouver dans sa vie.

Parmi mes moments préférés, impossible de ne pas mentionner Timon, Pumbaa et Zazu. Ce trio apporte une énergie incroyable au spectacle. Les scènes humoristiques fonctionnent parfaitement et provoquent de vrais éclats de rire dans toute la salle. Leur présence apporte beaucoup de légèreté et équilibre parfaitement les passages plus émouvants.

Les chansons mythiques comme Hakuna Matata, L’Histoire de la Vie ou L’Amour Brille Sous les Étoiles prennent une toute autre dimension en live avec les voix des artistes et l’orchestre. Même en connaissant déjà les musiques, on redécouvre complètement certaines scènes.

Je comprends maintenant pourquoi cette comédie musicale connaît un tel succès depuis tant d’années dans le monde entier. Le Roi Lion n’est pas seulement un spectacle pour les fans de Disney : c’est une expérience scénique impressionnante qui mélange émotion, humour et émerveillement du début à la fin et qui vous fera voyager le temps d'une soirée enfin moi je dis ça je dis rien .

 

13 juin 2026

Le vieux qui ne voulait pas feter son anniversaire de Jonas Jonasson

Il est des romans qui divertissent, d'autres qui font réfléchir. Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson réussit le tour de force de faire les deux avec un talent remarquable.

Dès les premières pages, le lecteur fait la connaissance d'Allan Karlsson, un centenaire aussi attachant qu'imprévisible. Le jour de son centième anniversaire, alors que toute la maison de retraite s'apprête à célébrer l'événement, Allan décide tout simplement de s'échapper par la fenêtre. Ce point de départ aussi simple qu'original ouvre la voie à une aventure rocambolesque, pleine de rebondissements et d'humour.

L'une des grandes forces du roman réside dans son écriture. Jonas Jonasson manie avec habileté un humour subtil, parfois absurde, mais toujours efficace. Son style fluide et accessible permet au lecteur de se laisser porter par le récit sans jamais ressentir de longueur. Chaque chapitre apporte son lot de surprises, et l'auteur parvient à maintenir un rythme soutenu tout au long de l'ouvrage.

Mais ce qui rend véritablement ce roman unique, c'est la construction particulièrement ingénieuse de son intrigue. Le récit alterne entre le présent, où Allan poursuit sa fuite inattendue, et les souvenirs de sa longue existence. À travers ces retours en arrière, le lecteur découvre un personnage qui, souvent malgré lui, s'est retrouvé mêlé à certains des plus grands événements du XXe siècle.

Jonasson tisse avec une remarquable habileté les aventures personnelles de son héros et la grande Histoire. Allan croise ainsi la route de dirigeants politiques, participe à des épisodes historiques majeurs et traverse les grands bouleversements de son époque avec une désinvolture déconcertante. Ce mélange entre fiction et réalité historique est parfaitement maîtrisé et donne au roman une dimension supplémentaire, aussi instructive que divertissante.

Au-delà de ses péripéties extraordinaires, Allan Karlsson séduit par sa personnalité. À cent ans, il conserve une liberté d'esprit et une simplicité désarmantes. Son regard détaché sur les événements, son refus des complications inutiles et sa capacité à avancer sans jamais se laisser submerger par les difficultés en font un personnage profondément attachant. Son optimisme tranquille constitue l'un des grands plaisirs de lecture du roman.

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est donc bien plus qu'une simple comédie. C'est un récit intelligent, remarquablement construit, porté par une écriture efficace et un héros inoubliable. Jonas Jonasson offre au lecteur une aventure pleine de fantaisie qui revisite avec humour les grands moments de l'Histoire tout en célébrant la liberté, l'audace et le goût de vivre.

Un roman à découvrir absolument pour tous ceux qui aiment les personnages hors du commun et les histoires qui savent mêler légèreté, érudition et émotion. Le succès du roman ne s'est d'ailleurs pas arrêté aux librairies. L'ouvrage a été adapté au cinéma en 2013 sous le titre Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann en version originale). Cette adaptation suédoise restitue avec fidélité l'esprit du livre, son humour décalé et ses situations aussi improbables que savoureuses. Le personnage d'Allan Karlsson y conserve tout son charme et son irrévérence, permettant à un public encore plus large de découvrir cette aventure hors norme et ce grand père que tout le monde rêverait d'avoir enfin moi je dis ça je dis rien ...

 

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10 juin 2026

Point final de William Lafleur

Imaginez pouvoir assister à vos propres funérailles. Observer les réactions de vos proches, entendre ce qu'ils disent de vous une fois que vous êtes censé avoir disparu et découvrir, parfois brutalement, la place que vous occupiez réellement dans leur vie. C'est sur cette idée aussi fascinante que dérangeante que repose Point final de William Lafleur.

Le héros décide de se faire passer pour mort afin d'épier sa famille . Un point de départ particulièrement original qui promet une réflexion profonde sur les relations humaines, le regard des autres, la solitude, les regrets et l'héritage que nous laissons derrière nous. Autant dire que les possibilités étaient immenses.

Ce que j'ai également trouvé intéressant, c'est l'origine même du projet. Avant de devenir un roman, Point final a d'abord existé sous la forme d'un blog sur lequel William Lafleur publiait progressivement les chapitres de son histoire sans dire si c'était vrai ou non . Cette expérience interactive a permis aux lecteurs de suivre l'aventure au fil de son écriture et d'échanger avec l'auteur. D'ailleurs, à la fin de l'ouvrage, William Lafleur partage plusieurs commentaires reçus durant cette période, offrant ainsi un aperçu des réactions suscitées par son récit avant sa publication sous forme de livre.

Malheureusement, malgré un concept de départ extrêmement fort, j'ai eu le sentiment que le roman n'exploitait jamais totalement son potentiel. Là où j'attendais des révélations marquantes, des confrontations émotionnelles ou des réflexions plus poussées sur la nature humaine, le récit reste souvent trop linéaire. Les situations s'enchaînent sans véritable montée en puissance et l'ensemble manque parfois de profondeur.

Pourtant, le sujet fait résonner de nombreuses émotions. À travers cette fausse disparition, c'est toute la banalité du quotidien de Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui est exposée. Les habitudes, les petites frustrations, les rêves abandonnés, les non-dits familiaux et la routine prennent une place centrale. Chacun peut y retrouver une part de sa propre existence, ce qui donne au roman une dimension universelle malgré ses faiblesses narratives. Il marque également comment dans une même cellule familiale , le deuil est propre à chacun.

Il faut toutefois reconnaître que Point final est loin d'être une lecture légère. Le roman adopte un ton souvent mélancolique et ne cherche jamais à embellir la réalité. Il ne remonte clairement pas le moral des troupes et laisse planer une certaine tristesse tout au long de la lecture.

Heureusement, la conclusion apporte davantage d'émotion. Le message final sur le deuil, l'acceptation de la perte et la manière dont les vivants continuent malgré l'absence est relativement bien amené. C'est probablement dans ces dernières pages que le roman trouve sa plus grande justesse et parvient enfin à toucher là où il le souhaitait depuis le début.

Au final, Point final restera pour moi une lecture mitigée. J'ai apprécié l'originalité de son concept ainsi que la réflexion qu'il propose sur nos vies ordinaires et sur la trace que nous laissons derrière nous ainsi que le travail de deuil qui est tellement différent d'une personne à l'autre et qui pour la plupart des gens est loin de trouver un réel point final enfin moi je dis ça je dis rien ...

 

29 mai 2026

Ambulance de Johan Harstad

Je pense que je peux le dire sans hésiter : je n’ai vraiment pas aimé Ambulance de Johan Harstad.

Pourtant, le résumé avait tout pour me plaire. Un recueil de nouvelles reliées entre elles, une ambiance froide et mélancolique, des personnages paumés, des thèmes psychologiques… Sur le papier, ça semblait prometteur. Mais dans les faits, j’ai surtout trouvé ça long, prétentieux et souvent vide.

Et surtout, ce livre ne m’a définitivement pas réconciliée avec la littérature suédoise — ou nordique en général — avec laquelle j’ai souvent du mal. Je sais que beaucoup adorent ce style très froid, très introspectif, minimaliste et volontairement lent. Mais moi, ça me laisse presque toujours complètement à distance. J’ai souvent l’impression que les auteurs scandinaves confondent profondeur et vide existentiel interminable. Et Ambulance n’a clairement pas changé mon avis là-dessus.

Le problème principal, c’est que le recueil met une éternité à produire quoi que ce soit d’intéressant. Certaines nouvelles traînent en longueur pour raconter… pas grand-chose. On suit des personnages dépressifs, perdus, incapables de communiquer, dans une espèce de brouillard émotionnel permanent. Et au bout d’un moment, tout finit par se ressembler.

Il y a bien quelques passages réussis, notamment grâce à cette atmosphère désabusée et glauque que Harstad arrive parfois à installer. Mais ça ne suffit clairement pas à sauver l’ensemble.

Parce qu’honnêtement, plusieurs nouvelles sont juste mauvaises. Pas “moyennes”. Pas “inégales”. Mauvaises. Certaines donnent l’impression d’être des exercices de style interminables où l’auteur confond profondeur psychologique et ennui absolu. J’ai eu plusieurs fois cette sensation très désagréable de lire des pages entières qui ne menaient nulle part.

Et puis il y a ce fameux “fil rouge” du recueil. Au début, je pensais qu’il y aurait une vraie connexion entre les histoires, une construction intelligente, quelque chose qui ferait sens à la fin. Mais une fois qu’on comprend que le seul point commun entre les nouvelles, c’est le côté psy et le fait qu’une ambulance passe à un moment donné… eh bien voilà. C’est tout. Le concept finit même par devenir presque ridicule tellement il paraît mince pour tenir un recueil entier.

Je comprends que certains lecteurs puissent apprécier cette ambiance très froide, très introspective, presque clinique par moments. Mais de mon côté, ça m’a surtout laissée complètement extérieure au livre. Je n’ai ressenti ni émotion particulière, ni attachement aux personnages, ni vraie réflexion marquante une fois la lecture terminée.

Au final, Ambulance est typiquement le genre de livre que je vais oublier très vite. Une lecture lourde, répétitive et franchement frustrante, qui m’a donné l’impression de passer à côté d’un potentiel jamais exploité et qui m' a clairement laissé sur le bord de la route enfin moi je dis ça je dis rien ...

 

15 mai 2026

Mediator: terre d'ombre de Meg Cabott ( tome 1)

Suzannah Simon pourrait être une adolescente presque ordinaire. Nouvelle ville, nouveau lycée, nouvelle famille recomposée… rien de très exceptionnel jusque-là. Pourtant, Suze possède un don étrange : elle voit les fantômes. Et surtout, elle peut communiquer avec eux.

Depuis son enfance, les esprits viennent lui demander de l’aide afin de régler les affaires qu’ils ont laissées inachevées. Ce rôle de « médiatrice » entre les morts et les vivants transforme son quotidien en véritable chaos. Entre les revenants agressifs, les situations embarrassantes et les secrets qu’elle doit garder, Suze tente malgré tout de vivre une vie normale. Mais son arrivée en Californie va rapidement compliquer les choses. Une jeune fille décédée refuse de quitter le monde des vivants et décide de se venger de son ex-petit ami. Suze va alors devoir intervenir avant que la situation ne dégénère.

Ce qui fait la force de Médiator, c’est sa capacité à mélanger plusieurs univers sans jamais perdre le lecteur. Le roman oscille entre : le fantastique paranormal ,la comédie adolescente ,le mystère et une touche de romance.

Meg Cabot adopte une écriture fluide, dynamique et pleine d’humour. Les dialogues sont particulièrement réussis : vifs, naturels et souvent très drôles. Suze est une héroïne attachante parce qu’elle est loin d’être parfaite. Impulsive, sarcastique et parfois maladroite, elle réagit avec beaucoup de spontanéité face aux événements surnaturels qui l’entourent. L’autrice parvient également à rendre les fantômes crédibles et variés. Certains sont terrifiants, d’autres touchants, et quelques-uns deviennent même étonnamment attachants.

Impossible de parler de ce premier tome sans évoquer Jesse, l’esprit mystérieux qui hante la chambre de Suze. Charmant, énigmatique et très différent des autres fantômes, il apporte immédiatement une dimension romantique au récit. Même si leur relation reste encore discrète dans ce premier volume, la tension entre les personnages intrigue suffisamment pour donner envie de poursuivre la série.

Même si Terre d’ombre aborde les fantômes et le paranormal, il faut préciser que le roman reste avant tout destiné à un jeune public. Les lecteurs en quête de véritables frissons ou d’une ambiance horrifique intense risquent donc de rester sur leur faim. Les scènes surnaturelles demeurent assez sages, sans réelle tension oppressante ni passages particulièrement effrayants.

Pour un lecteur adulte habitué aux récits fantastiques plus sombres ou aux thrillers paranormaux, l’ensemble peut sembler très édulcoré. Meg Cabot privilégie clairement l’humour, les relations entre les personnages et les préoccupations adolescentes plutôt que l’angoisse ou l’horreur. Cela n’enlève rien au charme du roman, mais il est important de l’aborder comme une lecture jeunesse légère et divertissante plutôt qu’un véritable récit de terreur.

Bien que publié il y a plusieurs années, Médiator – Tome 1 conserve un charme indéniable. Le roman possède cette ambiance typique des séries jeunesse des années 2000 : légère, addictive et réconfortante. Les thèmes abordés restent universels : la difficulté de trouver sa place ,les relations familiales ,l’acceptation de la différence et le passage à l’âge adulte.

En définitive, ce premier opus est une chouette madeleine de proust qui ravira les coeurs tendres avec un peu d' ouverture d'esprit pour croire aux histoires de fantômes mais loin de satisfaire les férus du genre. N est pas Melinda Gordon  dans ghost whisperer qui veut enfin moi je dis ça je dis rien ...

 

8 mai 2026

Micheal avec Jafaar Jackson

Le biopic Michael était forcément attendu au tournant. Comment raconter la vie d’un artiste aussi immense, controversé, fascinant et tragique que Michael Jackson sans tomber soit dans l’hagiographie, soit dans le règlement de comptes ? Le résultat choisit clairement son camp : celui du spectacle, de l’émotion et de la célébration du mythe. Et malgré ses nombreuses zones d’ombre volontairement adoucies, il faut reconnaître une chose : le film offre un très grand moment de cinéma musical.

Le long-métrage prend énormément de libertés avec la réalité. Certaines périodes sombres de la vie de Michael Jackson sont survolées, d’autres presque effacées, et l’ensemble donne parfois l’impression d’assister davantage à une légende officielle qu’à un véritable portrait humain.

Ce choix n’est pas vraiment surprenant quand on sait l’implication de la famille Jackson dans le projet. Le film préfère magnifier le génie artistique plutôt que questionner les contradictions d’un homme profondément complexe. Résultat : on ressort souvent avec l’impression que le récit a été poli pour préserver l’icône. Mais paradoxalement, cela ne détruit pas le plaisir du spectateur parce que dès que la musique démarre, le film prend une autre dimension.

Impossible de rester insensible devant l’enchaînement des classiques. Les morceaux cultes de Michael Jackson retrouvent ici une puissance folle sur grand écran : les chorégraphies, les costumes, les lumières et l’énergie générale rappellent à quel point il dominait la pop culture mondiale.

Chaque performance est pensée comme un événement. Le film fonctionne alors presque comme un immense concert hommage où l’on redécouvre pourquoi Michael Jackson reste une figure totalement à part dans l’histoire de la musique. Même ceux qui connaissent sa carrière par cœur risquent d’avoir des frissons sur plusieurs séquences.

La plus grande surprise du film vient sans doute de Jaafar Jackson. Le neveu de Michael ne se contente pas d’imiter son oncle : il l’incarne avec une précision troublante. Les regards, la posture, la voix, les mouvements, les mimiques… tout semble avoir été travaillé de manière obsessionnelle. Par moments, la ressemblance devient presque déstabilisante.

Et même si certains y verront un hommage magnifique, il y a aussi quelque chose d’assez glauque dans cette démarche. Voir un neveu reproduire avec autant de fidélité chaque geste d’un oncle disparu peut provoquer un vrai malaise. Cela dit aussi beaucoup sur la famille Jackson et sur cette manière presque permanente de faire revivre le mythe coûte que coûte.

Le film rappelle indirectement une chose : derrière le génie musical, l’univers Jackson a toujours semblé profondément dysfonctionnel. Cette volonté de transformer encore Michael en produit culturel ultra contrôlé donne parfois une impression dérangeante. Le fait d’avoir confié le rôle à un membre de la famille renforce ce sentiment même si soi disant ils ont effectué deux ans de casting pour finir par le choisir dixit la presse.... Comme si le clan Jackson continuait à entretenir une relation presque fusionnelle — et parfois malsaine — avec l’image de la star disparue. Sans compter que le clan continue de se tirer dans les pattes quand on voit que Janet a carrément refusé d être évoquée dans le biopic et la fille du king of pop ne voulait même pas entendre parler du film...

Pourtant, il faut aussi reconnaître l’immense travail fourni par Jaafar Jackson. Une telle qualité d’interprétation ne s’improvise pas. Derrière chaque geste parfaitement reproduit, on sent des mois, voire des années de discipline et d’entraînement acharné un peu à l'image de son oncle qui a été entrainé comme un cheval de course depuis son enfance pour devenir la machine de guerre artistique que l'on a connu. Ce paradoxe rend le film d'autant plus fascinant...

Oui, Michael enjolive clairement la réalité. Oui, le film évite certains sujets sensibles. Oui, l’omniprésence de la famille Jackson peut parfois mettre mal à l’aise. Mais malgré tout cela, le spectacle fonctionne.

Le biopic réussit à rappeler pourquoi Michael Jackson demeure une icône absolue de la musique populaire. Grâce à une mise en scène généreuse, des chansons intemporelles et surtout une performance bluffante de Jaafar Jackson, le film offre un moment intense, nostalgique et souvent impressionnant. Un hommage discutable sur le fond… mais redoutablement efficace sur la forme qui nous donne envie de voir la suite malgré tout enfin moi je dis ça je dis rien...

Bande annonce 

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16 avril 2026

Trente six chandelles de Marie Sabine Roger

Avec Trente-six chandelles, Marie-Sabine Roger nous embarque dans l’histoire de Mortimer Decime, un homme un peu à part, marqué par une étrange malédiction : tous les hommes de sa famille meurent à 36 ans. À l’approche de cet âge fatidique, il vit donc dans l’attente de cette échéance… Le jour J tout est prêt , il a mis son plus beau costume , sa plus belle paire de chaussettes , ranger son studio , vendu sa voiture , donné sa dédite , il est paré pour le grand voyage mais lorsque l heure fatidique arrive ... RIEN

 

C’est à partir de là que le roman prend toute sa dimension. Entre fatalité et espoir, le personnage évolue au contact d’autres figures tout aussi singulières, et peu à peu, son regard sur la vie change. Il se rend compte que toute sa vie , il était prêt à mourir mais que du coup il ne s est pas vraiment préparé à vivre . 

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la fraîcheur du ton. L’écriture est simple, directe, sans artifices, mais terriblement efficace. Elle donne beaucoup de naturel au récit et rend les émotions très accessibles. Il y a egalement la presence d humour et de situations avec son lot de personnages farfelus qui font du bien .

Mortimer est un personnage profondément attachant. Derrière ses peurs et son côté un peu décalé, on découvre quelqu’un de sensible, et on s’attache très vite à lui. On a envie de le voir avancer, de croire avec lui que tout peut encore changer.

Le roman se lit presque d’une traite. C’est fluide, agréable, et on se laisse porter sans effort d’une page à l’autre. Marie Sabine Roger auteure également de la tête en friche qui fut adapté au cinema signe ici un autre petit chef d oeuvre du genre .

Au final, c’est une histoire pleine d’humanité, douce et lumineuse, qui montre que même quand tout semble écrit d’avance, la vie peut encore surprendre  enfin moi je dis ça je dis rien....

 

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Moi je dis ça je dis rien
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